Posted by Alexandra Giroux

Défection et prise de parole (Albert O. Hirschman)

Albert O. Hirschman ou Albert Otto Hirschman est un  économiste libéral, très influent, qui a rédigé de nombreux ouvrages sur la politique économique et l’idéologie politique. Il a réussi, à travers Défection et prise de parole, à offrir une grille d’analyse originale et pluridisciplinaire aux sciences sociales et politiques, pour comprendre les choix posés par un individu confronté à des motifs de mécontentement et pour comprendre plus largement les formes que peut prendre le changement social. L’individu peut, dans des situations diverses (de marché, de groupe familial, d’organisation syndicale ou partisane…) souvent génératrices de frustrations ou de dysfonctionnements, manifester son mécontentement de trois manières : le refus de participer, la défection (exit) ; la prise de parole, c’est-à-dire une participation protestataire pour modifier le fonctionnement de l’organisation ou les relations sociales dans un sens souhaité (voice) ; la fidélité malgré tout (loyalty). Hirschman, par son livre, cherche à répondre aux questions suivantes (P.17) : « dans quelles conditions la voie de la défection prévaudra-t-elle sur celle de la prise de parole et inversement ? Quelle est l’efficacité relative des deux voies en tant qu’instruments de redressement ? Dans quelles situations les deux mécanismes entrent-ils conjointement en action ? Quelles institutions sont susceptibles de renforcer l’effet de l’une ou l’autre option ? Les institutions renforçant l’effet de la défection sont-elles compatibles avec celles qui tendent à améliorer l’action de la prise de parole ? ». Dans un premier moment, nous étudierons la théorie de l’auteur et les concepts qu’il énonce. Puis nous nous intéresserons à sa méthode et à ses manques.

Quelles sont les hypothèses, les théories et les concepts développés par l’auteur ? Hirschman part d’un cas empirique auquel il a été confronté pour développer sa théorie. Au cours d’une étude, l’auteur s’était en effet rendu compte que les transports ferroviaires nigérians luttaient très difficilement contre la concurrence exercée par les transports routiers. Hirschman avait beau essayer d’expliquer à l’aide de raisons d’ordre économiques, sociopolitiques ou structurelles (schème structural) pourquoi une telle difficulté pouvait se manifester, il ne parvenait pas à comprendre la totale incapacité de la direction de la société nigériane de transports ferroviaires à lutter efficacement contre la concurrence du transport routier. Poursuivant sa réflexion, Hirschman, constate alors que les meilleures institutions du monde ne permettent pas à une société d’éviter que les comportements de certains de ses membres entraînent des dysfonctionnements. Il s’est alors interrogé sur les forces qui permettent à une société donnée de faire en sorte que les comportements de ses membres n’aillent pas à l’encontre de ses objectifs fondamentaux. Tout l’ouvrage d’Hirschman tente donc de discerner quelles sont les forces qui permettent de guérir une firme ou une organisation quand celle ci ne fonctionne plus de manière optimale.
Hirschman part de ce constat : « aucun système économique, social ou politique ne peut garantir que les individus, les entreprises et les organisations en général agiront toujours de manière fonctionnelle et auront constamment une conduite efficace, rationnelle, respectueuse de la loi et de la morale » (p.11). Selon lui, en période de déclin économique, personne ne s’est attardé  sur les défaillances surmontables des agents économiques. Il se veut donc novateur dans sa recherche.
L’auteur admet qu’il est hors de doute que la concurrence est un important facteur de redressement. Cependant, il propose de s’interroger sur les conséquences de cette fonction particulière de la concurrence qui n’ont pas été adéquatement analysées ainsi que sur un autre moyen important qui peut également entrer en jeu pour remplacer ou compléter l’action de la concurrence. On a beaucoup étudié, sans d’ailleurs parvenir à des conclusions probantes, l’aptitude de la concurrence à engendrer l’innovation et la croissance. Hirschman est le premier à s’intéresser à la question connexe de l’aptitude de la concurrence à ramener les firmes défaillantes à un niveau « normal » d’efficacité, de performance et de croissance. C’est en cela que le livre est vraiment original. Le coeur de l’argumentation de l’auteur est que la concurrence peut n’avoir d’autre effet que d’amener les firmes rivales à s’arracher les unes aux autres leur clientèle respective ; elle n’est plus alors qu’un gaspillage d’énergie et une manoeuvre de diversion, empêchant les consommateurs de militer pour obtenir une amélioration des produits ou les entraînant à user leurs forces dans la recherche vaine du produit « idéal ».
Après deux chapitres consacrés aux concepts fondateurs de son analyse, la défection et la prise de parole, Hirschman va donc montrer que ce qui explique l’incapacité des organisations et firmes qu’il a étudiées de se réguler naturellement est précisément le mauvais usage de celles-ci. Ainsi certaines organisations ou certaines firmes sont plus sensibles à la prise de parole (et respectivement à la défection) alors que leur déclin va produire une défection (et respectivement une prise de parole) de la part de leurs membres ou de leurs clients. Par exemple, il montre, au chapitre V, que le comportement habituel de clients d’une entreprise publique soumis à la concurrence est la défection. Or une telle entreprise est beaucoup plus sensible à la prise de parole car elle cherche avant tout à garantir sa « tranquillité » en faisant taire ses clients les plus expressifs. La défection va donc priver cette firme de ses éléments les plus protestataires et va l’empêcher de se corriger. A noter que la prise de parole est comme la défection : au-delà d’un certain seuil, elle devient inutile. Les usagers peuvent se montrer si acharnés que leurs protestations risquent de freiner plutôt que d’encourager les efforts de redressement entrepris.
La prise de parole est en bien meilleure position dans les pays en voie de développement où la possibilité de choisir entre plusieurs produits est beaucoup plus limité que dans les économies avancées. De ce fait, la mauvaise qualité des produits et des services tend à y susciter des récriminations véhémentes et souvent d’ailleurs politiquement orientées, alors que dans les pays développés, le mécontentement prend plus facilement la forme d’une défection silencieuse.
L’auteur envisage un modèle simple où la prise de parole agit comme un complément de la défection, sans se substituer à elle. Dans ces conditions, toute manifestation de la prise de parole constitue un apport positif qui améliore les perspectives de redressement. La prise de parole peut aussi être vue comme une alternative à la défection. Quand on avance que le volume de la prise de parole est fonction de l’élasticité qualitative de la demande, on admet implicitement que la première réaction des acheteurs qui constatent une baisse de qualité est de s’interroger pour savoir s’ils ne vont pas s’adresser à une autre entreprise, sans même se demander s’ils ont la possibilité d’influencer sur la politique de celle auprès de laquelle ils se fournissent habituellement ; ce n’est que lorsqu’ils ont décidé de ne pas faire défection que l’idée d’exprimer leur mécontentement leur vient à l’esprit. Faire défection, c’est perdre la possibilité de prendre la parole, mais l’inverse n’est pas vrai ; aussi la défection sera-t-elle dans certains cas la solution adoptée en dernier recours, lorsque l’échec de la prise de parole est devenu certain. La prise de parole ne vient pas seulement renforcer la défection ; elle peut aussi se substituer à elle. Certaines personnes vont également renoncer aux avantages qui leurs sont offerts ailleurs parce qu’ils espèrent que les plaintes et les revendications des autres aboutiront à un résultat ; d’autres encore ne veulent pas changer de fournisseur parce qu’ils craignent d’avoir à faire machine arrière, le changement s’avérant plus coûteux qu’il n’était prévu ; enfin il y a ceux qui restent fidèles par laoyalisme c’est à dire pour des motifs non rationnels. On voit donc que la prise de parole, en tant qu’effort pour faire changer les choses de l’intérieur admet des degrés très variables d’activité et d’initiative. Il faut également faire intervenir le coût que représente le fait de renoncer à la défection, bien que celle ci apparait nettement être la moins onéreuse. La prise de parole est en réalité plus coûteuse.
La prise de parole joue un plus grand rôle à l’égard des organisations qu’à l’égard des entreprises. Les nombre des organisations dont un individu se trouve membre est bien inférieur à celui des entreprises dont il est client. L’auteur note aussi que le nombre et la variété des biens disponibles sur le marché d’une économie développée favorisent la défection au détriment de la prise de parole ; mais l’importance croissante des biens de consommation durable qui nécessitent une grosse mise de fonds exerce une influence en sens inverse de la première.
Mais l’alliance entre défection et prise de parole est difficile. Jusque là, Hirschman a posé des fondements théoriques. Là, il observe les choses concrètement, action qui était au début de sa démarche comme il l’explique dans la préface. Avec l’exemple des chemins de fer nigérians, il montre qu’en dépit d’une concurrence active, l’administration du rail s’était avérée incapable d’apporter le moindre correctif à certaines de ses insuffisances les plus manifestes. Hirschman explique que la défection n’avait pas l’effet d’avertissement qu’elle a d’ordinaire car la direction ne se préoccupait pas outre mesure des pertes de revenus. La prise de parole ne fonctionnait pas car les clients les plus insatisfaits, qui auraient eu le plus de raison de protester, étaient les premiers à abandonner les chemins de fer pour s’adresser aux transports routiers. Le second exemple qu’il prend est celui des écoles publiques et privées. Les parents qui sont le plus attentifs à la qualité de l’enseignement, donc ceux qui seraient le plus susceptibles de prendre la parole, sont ceux-là même qui risquent d’être les premiers à faire défection en cas de défaillance de l’école publique. L’auteur s’interroge : se peut-il que les acheteurs qui font défection lorsque les prix montent ne soient pas les mêmes que ceux qui en font autant lorsque la qualité baisse ? Avec ces deux exemples, Hirschman se situe dans l’induction. Il va partir d’exemples précis pour tenter de confirmer ou d’infirmer ses hypothèses de départ.
L’auteur étudie ensuite la situation où la concurrence vient renforcer le monopole. Le rôle de la prise de parole au sein d’une organisation est assimilable à l’exercice d’un contrôle démocratique fondé sur l’interaction des opinions et des intérêts. Un des meilleurs manière de faire pression sur une organisation est de la menacer de faire défection pour passer à une organisation rivale. L’auteur analyse que souvent, la concurrence, loin de brider les monopoles comme elle devrait le faire, leur apporte un regain de vitalité en les débarrassant des plus encombrants de leurs clients. Pensons également au Japon : la difficulté de trouver un lieu d’exil convenable a beaucoup contribué à enseigner aux Japonais les vertus du compromis. Dans les pays d’Amérique latine, par contre, la possibilité de l’exil est toujours offerte.
Au chapitre VI, l’hypothèse de l’auteur évolue : « Nous avons admis par hypothèse que tous les consommateurs portaient le même jugement sur l’évolution de la qualité, même si tous n’y étaient pareillement sensibles. Nous pouvons maintenant abandonner cette hypothèse. » (p.102) Le prix et la qualité sont deux domaines différents, celui du subjectif et de l’objectif . Quand le pris d’un produit baisse, tous les consommateurs s’en réjouiront. Mais quand la qualité « baisse », certains trouveront au contraire le produit plus à leur goût. La sensibilité à la défection et à la prise de parole varie suivant le type d’organisation considéré. Quand les deux jouent un rôle important, il s’agit de la perle rare, du cas où les membres peuvent à la fois faire défection et être expulsés.
Il est temps pour l’auteur de s’interroger sur le loyalisme comme stimulant de la prise de parole. Encore une fois, il montre que dans sa démarche, il confronte souvent les termes au profit de sa démonstration. Page 124, il pose la question suivante : « Il est évident que le loyalisme freine la tendance à la défection ; peut-on dire qu’en même temps il favorise le recours à la prise de parole ? ». Après une courte démonstration, il conclut que oui. Le loyalisme n’a pas pour seul avantage d’amener certaines personnes à demeurer plus longtemps au sein des organisations auxquelles elles appartiennent et à y prendre la parole avec plus de détermination et d’esprit d’invention qu’elles ne le feraient sans cela. L’auteur a montré que le recours à la prise de parole est d’autant moins probable que la défection est plus facile. Continuant dans sa progression, l’auteur fait apparaître que la possibilité de la défection vient renforcer l’efficacité de la prise de parole. Donc, la défection réduit la fréquence de la prise de parole mais en accroît la vigueur. Le loyalisme, est le concept qui permet de sortir de l’alternative binaire entre défection et prise de parole. Mais au fil des pages, l’auteur revient sur ses propos tenus sur le loyalisme. Jusqu’alors, il l’avait présenté comme une force qui, en venant freiner la défection, renforçait le rôle de la prise de parole et fournissait ainsi aux firmes et aux organisations la possibilité de prévenir le risque d’une défection massive ou prématurée. Mais le loyalisme n’est pas toujours si bénéfique. L’auteur a pris soin de vérifier s’il n’existait pas de situations qui venaient infirmer sa découverte. Il existe plusieurs procédés pour encourager le loyalisme : établir des droits d’entrée élevés et pénaliser lourdement la défection. Cette théorie est appliquable aujourd’hui aux procédés auxquels ont recours les opérateurs téléphoniques. Il existe des sanctions encore plus fortes dans le cas de la famille, la tribu, la nation, la communauté religieuse : l’excommunication, la diffamation systématique ou encore la privation de tous les moyens de subsistance. L’auteur en vient au cas du boycott. Il s’agit d’un acte qui combine les deux mécanismes de la défection et de la prise de parole. C’est une abstention temporaire, sans passer par un autre fournisseur.
Le pénultième chapitre évoque la prise de parole et la défection dans la tradition américaine. La défection jouit d’une position tout à fait privilégiée dans la tradition américaine, et pourtant il existe un nombre limité de situations dans lesquelles elle est totalement exclue. Les Etats-Unis se sont développés parce que des millions d’hommes ont préféré la défection à la prise de parole. Hirschman cite Louis Hartz qui a décrit cette situation. Il fait référence aux hommes révolutionnaires qui ont fait le choix de quitter l’Europe. Il existerait un cas propre à la tradition américaine ? Cela signifierait que le reste de l’ouvrage fait référence à des lois générales ? Ce projet semble un peu ambitieux. L’auteur a des présupposés. Sa démonstration a pour cadre une société où des échanges s’opèrent contre de l’argent. Or, ce n’est pas le cas partout. Et peut être que dans d’autre lieux et d’autres époques, le rapport à la défection et à la prise de parole était différent.
L’auteur conclut en faisant le point sur les limites de son étude. L’équilibre optimal entre défection et prise de parole serait un idéal jamais atteint. Dans les premiers chapitre de livre, ce sont surtout des situations dans lesquelles la défection faisait obstacle à la prise de parole qui ont été rencontrées. La défection se voyait assigner une importance excessive en tant que moyen d’aider une firme ou une organisation à recouvrer l’efficacité d’un premier fléchissement. Hirschman a montré que dans certaines circonstances la prise de parole pouvait constituer un instrument valable de redressement et qu’elle méritait d’être encouragée par des mécanismes institutionnels appropriés. Par souci d’équilibre, l’auteur a également traité la situation inverse caractérisée par l’absence totale de défection. Mais autant l’auteur fait le point sur son étude, autant il s’attarde bien peu sur sa méthode.

Qu’en est il de la grille d’analyse de l’auteur et de manière plus générale, de sa méthode ? Une des originalités de l’approche d’Hirschman est son caractère pluridisciplinaire. Défection et Prise de parole se fixe en effet comme objectif la réconciliation de l’économie et de la science politique.  Hirschman n’hésite pas non plus à convoquer la psychologie ou la biologie pour étayer ses thèses. Il critique parfois les concepts de base de l’économie classique, en raisonnant en terme d’organisation et non d’entreprise, en reconnaissant que le monopole peut être un élément plus dynamisant que la concurrence, en constatant que la protestation est plus facile dans des structures plus atomisées . Cette méthode lui permet d’appliquer sa théorie à de nombreux exemples, qu’ils soient économiques, historiques ou sociaux. Il vérifie également ses théories en tenant compte de l’aspect diachronique (la durée) et aussi synchronique (la simultanéité).
La démarche de l’auteur est hypothético-déductive. Mais les sciences humaines ont leurs limites : irrationalité, multiplicité des représentations, difficultés à généraliser, impossible neutralité. Parfois, la démarche empirique de l’auteur peut sembler gênante. Les lois qu’il énonce pourraient être facilement falsifiées par des contre exemples. A partir d’anecdotes, il forme des règles mais cette méthode est un peu utopique et Hirschman aurait dû plus faire attention aux limites. Pourquoi n’y a t il ni entretiens ni statistiques ? Ce livre semble être plus un essai qu’un livre de recherche. En sciences humaines, on fait plus appel à la causalité qu’à la loi. Or, dans le ton qu’emploie l’auteur, on peut avoir comme impression que tout ce qu’il dit coule de source.
Comment l’auteur vérifie-t-il ses hypothèses ? Les explications sont de plusieurs types. Tout d’abord, causales (les consommateurs s’en vont car c’est trop cher). Ensuite, actancielles (quel est l’impact de la défection et de la prise de parole). Et enfin, structural (les liens entre les différents systèmes tels que l’économique et la politique). En revanche, il ne fait guère appel aux modes d’explication fonctionnels et herméneutiques.  Il s’attache plus à la causalité externe qu’interne, voyant les liens qui peuvent exister entre différents systèmes.
Dans son étude, l’auteur explique l’importance de surmonter les passions et les préjugés qui règnent de part et d’autre pour être à même d’observer comment fonctionnent ensemble deux mécanismes, dont l’un relève typiquement du marché et l’autre de la politique, et de voir s’ils peuvent coexister harmonieusement en se renforçant l’un l’autre ou si, au contraire, ils s’opposent et s’annulent l’un l’autre. Une étude attentive de l’interaction des forces en présence montrera que les instruments de l’analyse économique ne sont pas inutiles pour éclairer certains phénomènes et vice versa. L’auteur espère montrer aux politiciens la valeur pratique des concepts économiques et aux économistes la valeur pratique des concepts politiques. Mais il ne se détache guère de ses propres conviction. Son oeuvre est bien celle d’un libéral convaincu et il est dommage que ses présupposés idéologiques interfèrent avec sa réflexion.
Page 114, l’auteur écrit « un parti sera plus souvent tenté de prêter l’oreille aux protestations émanant de ceux de ses membres qui sont hostiles à l’indécision de son programme que de miser sur les avantages que pourrait lui procurer l’assouplissement de ses propositions, avantages qui restent du domaine de la conjecture ». Mais est-ce toujours vrai ? Actuellement, en politique, il semble, pour certains partis, que la gauche souhaite prendre des électeurs indécis à la droite, et la droite, des électeurs indécis à la gauche.
Selon l’auteur, le caractère impensable de la prise de la défection, loin de réprimer la prise de parole, tendent à l’encourager. « C’est dans doute la raison pour laquelle les groupes traditionnels dans lesquels la répression ne porte que sur la défection se sont avérés beaucoup plus viables que ceux qui imposent des droits élevés tant à l’entrée qu’à la sortie » (p. 153). Mais est-ce toujours vrai ? Prenons le cas de l’ex URSS. Sous Staline, il était impensable de quitter le parti, tout comme il était très mal vu d’arrêter d’applaudir en premier un discours du petit père des peuples. Dans un régime de dictature, la prise de parole n’est pas nécessairement encouragée.
Hirschman énonce que les parents qui envisagent de faire passer leurs enfants de l’école publique à l’école privée risquent d’aggraver encore par leur acte de détérioration de l’enseignement public. « En réfléchissant sur les conséquences possibles de la décision qu’ils envisagent, ils renonceront peut-être à la prendre, soit pour des raisons d’ordre social, soit même en raison de leur intérêt personnel » mais y pensent-ils seulement ? C’est ce pas un peu utopique de songer que chaque parent a fait ce cheminement dans sa tête lorsqu’il s’agit de réfléchir à l’école où il va aller ?
Page 168, Hirschman fait référence aux jeunes qui organisent  leur vie en marge de la société et explique que « le mécontentement suscité par l’ordre social ambiant engendre la fuite plutôt que le combat » et que « les insatisfaits désertent la société et cherchent à créer leur propre monde. Pourtant, on peut voir dans ses pratiques marginales une forme d’intégration de la société. Lorsque des syndicats mettent en place des zones de gratuité, chacun est libre d’y déposer des objets ou d’en prendre, qu’il fasse partie ou non du groupe. Les ensembles ne sont probablement pas si cloisonnés que semble le dire l’auteur.
Hirschman ne prend pas en compte que l’individu ou le groupe protestataire face à l’organisation ou au parti contre lequel il proteste. Il ne prend pas en compte les vecteurs qui transmettent les éléments déclenchant la protestation, ni la manière dont la protestation va être représentée à l’ensemble de la société. Qu’en est-il par exemple des médias ? D’autre part, Hirschman ne prend en compte que de manière superficielle l’idéologie et les croyances. Son analyse se borne à étudier les mobilisations rationnelles. Dans son chapitre sur le loyalisme, il souligne ainsi que le loyaliste reste toujours rationnel dans la mesure où son attitude témoigne de l’idée que le bien l’emporte toujours sur le mal. Il ne montre pas comment l’engagement peut modifier la perception et le comportement même du militant. Il oublie l’aspect émotionnel et celui de l’engagement. Il aurait pu pousser sa réflexion plus loin.
Ces lacunes tiennent sans doute au fait que malgré des ouvertures louables, la méthodologie reste celle d’un économiste. Dans le dernier chapitre, des tableaux récapitulatifs sont proposés au lecteur. Mais encore une fois, n’est-ce pas une vision un peu trop cloisonnée des choses ? De plus, était-il nécessaire de répéter encore une fois des propos qui pendant tout le livre sont plutôt redondants ? Mis à part les graphiques et les études sur les élasticités, le mouvement général de l’ouvrage se présente, en effet, comme une discussion des hypothèses fondant les concepts centraux, mais idéaux, de l’analyse. Par exemple, la réflexion portant sur les conditions d’efficacité de la prise de parole au début du chapitre VI, a pour point de départ la transformation de l’hypothèse selon laquelle tous les clients portent la même opinion sur le produit qu’ils consomment. Hirschman ne raisonne, par ailleurs, sur aucun terrain auquel il aurait été confronté, mis à part le cas du Nigeria qui lui sert de point de départ. Il réfléchit en voulant rationaliser des expériences particulières et uniques.

Malgré ses limites  ce modèle apparaît néanmoins très fécond. Sa portée universelle suggère, dans une visée plus ambitieuse, une véritable relecture de l’histoire du capitalisme occidental : celui-ci peut être en effet analysé comme une alliance entre la prise de parole permise par le pluralisme politique et la défection organisée par le marché concurrentiel. En partant de cette grille, Hirschman parvient à une grande richesse d’interprétation. Aussi son ouvrage trouvera-t-il écho au-delà du cercle des économistes, chez les politologues et les sociologues. Il sera aussi critiqué par ces derniers pour son économisme car être loyal, protester, ces choix ne peuvent être réduits à un arbitrage coûts contre avantages. C’est oublier le rôle des idéaux, des croyances et des affects dans l’engagement.

Posted by Alexandra Giroux

13 questions pour un interview croisé de 12 artistes présents au JDM 2007

Interviews réalisés pour Nancybynight

Nancybynight : Un mot pour décrire l’ambiance du JDM ?
Fils de Teuhpu :
“Téléphone”. Non, “bénévole”
Lady brings bad news :
Fantasmagorique
Nagas :
Trois mots : “énorme”, “puissant”, “convivialité”
Mell :
Grouillante
Têtard :
Orageux, au sens propre comme au sens figuré
Eiffel :
Pluvieux mais chaleureux
Caméléons :
Convivial
DJ La Teuf :
Sympa
Madsheerkhan :
Humain
NH24 :
Super
Rachid Wallas :
Roots
Eddy la Gooyatsh :
Rustique

NbN : Vous donnez la palme d’or à quel groupe ce soir ?
Fils de Teuhpu :
Percubaba. Ils étaient là l’année dernière et étaient meilleurs que Raphaël.
Lady brings bad news :
Percubaba car on n’a entendu qu’eux.
Nagas :
Eiffel est notre favori.
Mell :
J’attends de voir Higelin !
Têtard :
Têtard
Eiffel :
Higelin
Caméléons :
Higelin et on est curieux de voir Eiffel.
DJ La Teuf :
Eiffel
Madsheerkhan :
C’est trop difficile de répondre à une question comme ça.
NH24 :
On n’a pas tout entendu mais Congo, c’était bien.
Rachid Wallas :
Mell ! C’est sa fête aujourd’hui : c’est elle qui a fait la programmation.
Eddy la Gooyatsh :
Rachid Wallas

NbN : Si on vous avais pris pour l’Eurovision, la France aurait gagné ?
Fils de Teuhpu :
On ne l’aurait pas fait. Regardez le vote contestataire de l’année dernière. Boycott !
Lady brings bad news :
Non. On aurais repris une chanson de David Hasselof ou des 2be3.
Nagas :
Non, on est trop rock. On aurait peut être quand même fini mieux qu’avant-dernier. En fait, ce n’est pas vraiment notre état d’esprit donc on aurait sûrement refusé.
Mell :
Bien sûr. J’aurais chanté nue de la variété de merde.
Têtard :
Non. On n’a pas de masque. Le groupe doit être reconnaissable tout de suite. Nous, nous sommes comme une rencontre amoureuse : il faut apprendre à nous connaître. Un de nos plus grand fan est resté bloqué dans sa voiture 3 jours avec notre CD.
Eiffel :
On aurait fait mieux que perdre : nous aurions obtenu -1 points. En réalité, nous ne l’aurions pas fait, même sous la torture.
Caméléons :
On emmerde l’Eurovision.
DJ La Teuf :
Non. J’aurais passé les Fatal Picards.
Madsheerkhan :
Je ne l’aurais pas fait. L’eurovision, c’est du formatage…peut-être même dans le cas de Lordi… allez savoir.
NH24 :
Oui car nous sommes originaux. Notre style est à part : nous en avons crée un. En France, musicalement, on a besoin de renouveau. Tout ce que nous faisons n’est pas préfabriqué. A la base du groupe, il y a l’amitié.
Rachid Wallas :
Peut-être. On aurait tenté de faire mieux que ce qu’on a déjà vu pour avoir moins honte d’être français.
Eddy la Gooyatsh :
Non. Une malédiction s’est abattue sur la France, elle ne gagnera jamais l’Eurovision.

NbN : Qu’est ce que vous auriez fait si on vous avait proposé de chanter la Marseillaise avec Mireille Mathieu pour Nicolas Sarkozy ?
Fils de Teuhpu :
On aurait donné un coup de boule à Mireille Mathieu et on lui aurait fait un lifting. Cela aurait fini en partouze nationale. Vladimir Putain, Berluscobouigue, Sarkofiote, Sarkofoot !
Lady brings bad news :
Il n’y aurait pas eu tout le groupe. On aurait sûrement changé les paroles en “allons enfants de Sarkozy”… Mais on préfère ne pas mélanger musique et politique.
Nagas :
On n’a pas d’étiquette politique. Mais on aurait pu soutenir Mireille Mathieu pour autre chose. Dix mois d’armée, ça fait déjà chier donc ça suffit.
Mell :
Je ne la connais pas.
Têtard :
Non. Mais ce n’est pas pour Mireille : un des membres a la même coupe. On ne cherche pas à être politisé même si on a joué pour Amnesty International ou Act-up.
Eiffel :
Non, mais pas à cause de Nicolas Sarkozy. On devrait dire qu’on vote UMP pour tout casser, ça serait drôle. Il y aurait des réactions sur les forums : “Eiffel vote Sarkozy”.
Caméléons :
Non. On va rester polis… Ce soir on fait une dédicace à Sarkozy pendant notre concert.
DJ La Teuf :
Non. Je chante faux et je ne suis ni fan de Mireille Mathieu, ni fan de Nicolas Sarkozy.
Madsheerkhan :
Non mais j’aime bien Mireille Mathieu. Elle est gentille, elle dégage de la naïveté.
NH24 :
Nous ne faisons pas de politique.
Rachid Wallas :
Non. On est face à des bouffons du roi qui font allégeance. C’est ça la France d’après ?
Eddy la Gooyatsh :
Non car je n’ai pas envie de chanter la marseillaise. Ce n’est pas que j’ai de l’animosité pour ma patrie mais je trouve que cette chanson n’est pas très jolie.

NbN : Qu’est ce que MySpace a changé pour vous ?
Fils de Teuhpu :
Myspace c’est dégoûtant mais ça nous fait plein d’amis. Myspace c’est pour les célibataires et les groupes célibataires. Et aussi les mammifères.
Lady brings bad news :
Cela a remplacé les sites persos et c’est plus facile à créer. C’est pratique pour la diffusion mais c’est un moule et on ne devrait pas voir ce site comme un outil de sondage.
Nagas :
Rien. Ce sont des fans qui le gèrent. C’est notre vitrine.
Mell :
J’ai plein d’amis. C’est pratique pour les contacts avec les salles. C’est aussi économique : le tourneur renvoie simplement les gens vers notre page plutôt que d’envoyer des CD. On peut contacter d’autres groupes, c’est pratique.
Têtard :
C’est trop de travail ! On virtualise la virtualité. Mais l’avantage est la vitesse à laquelle on peut poster des vidéos ou des morceaux. En réalité, nous n’avons pas 3000 amis. Avec ce site, on découvre des groupes, on vend des skuds. C’est bien, c’est une sorte de gros flyer.
Eiffel :
Pas grande chose. C’est plutôt utile pour les groupes qui commencent et qui sont en quête de visibilité. Myspace crée un réseau mais sinon, ce qui est intéressant, c’est plus le site.
Caméléons :
Pas grande chose. Cela augmente notre visibilité. Les professionnels nous contactent plus via notre site. Mais c’est une manière de mettre à égalité tout un tas d’informations, sur une seule page.
DJ La Teuf :
Cela prend du temps… Mais ça permet de découvrir des groupes.
Madsheerkhan :
Je n’en ai pas et c’est un choix. Encore une fois, c’est du formatage. C’est l’Hôtel Hilton du net : où que tu sois, qui que tu sois, tu as la même chose.
NH24 :
On contacte des personnes, des groupes. Tout est sur une page : ça permet de connaître le groupe en un clic.
Rachid Wallas :
C’est assez utile. On fait des mises à jours aisément et ça facilite les contacts. Cela nous a permis de découvrir des artistes comme Jan Dark.
Eddy la Gooyatsh :
J’ai plein d’amis. C’est aussi plus dynamique, plus immédiat. Il y a moins d’inertie. C’est moi qui m’en occupe et quand on fait une requête d’ajout en ami, je vais regarder les pages des autres.

NbN : Nous avons interviewé précédemment Clara Morgane. Que pensez vous de sa chanson “J’aime” ?
Fils de Teuhpu :
Elle pourrait faire de la politique. Elle a voté Sarkozy on pense.
Lady brings bad news :
Elle aurait du rester dans le X. On peut lui donner des cours de guitare. Pourquoi ils ne l’ont pas invitée au JDM ? Si on avais participé à l’Eurovision, on aurait repris sa chanson après réflexion.
Nagas :
C’est bien, elle n’est pas ridicule. Mais elle aurait du continuer le porno où elle excellait. Quitte à ouvrir la bouche, autant qu’elle suce.
Mell :
Je n’écoute pas NRJ.
Têtard :
On a dit qu’on ne dirait pas qu’on n’aime pas les gens… C’est facile pour Clara Morgane de sortir un single… Mais que propose-t-elle artistiquement ?
Eiffel :
On la connaît dans ses rôles au cinéma.
Caméléons :
Elle aurait du rester dans le cinéma. Elle arrivait mieux.
DJ La Teuf :
Je ne connais pas sa musique. Juste ses films.
Madsheerkhan :
Je ne l’ai pas entendue.
NH24 :
C’est trop nul. Elle n’a pas sa place dans la musique. Un jour, à Paris, dans un resto, on l’avait rencontrée. Mais c’est comme si une rock star faisait du porno, il ne faut pas tout mélanger.
Rachid Wallas :
C’est de la merde mais son clip est bien. Elle a le droit de s’exprimer tout comme nous avons le droit de dire que ce n’est pas bien. Cette opportunité de chanter, elle l’a mais d’autres qui ont des choses à dire auraient aussi aimé l’avoir.
Eddy la Gooyatsh :
Je ne connais pas mais ça doit être super.

NbN : Quelle est votre meilleure chanson pour faire l’amour ?
Fils de Teuhpu :
“Barbelé” et “Toutes les parties de vous”. “Awalpé”, pour le tempo.
Lady brings bad news :
Avec Clara ? “Regrets”.
Nagas :
Est-ce que les gens ont déjà fait l’amour sur nos chansons ? On va dire “Le pacte des mots”.
Mell :
Je ne répondrais pas une de mes chansons mais “Roses” de Zenzile.
Têtard :
“L’air de rien”, sur le nouvel album ou alors “Grain de beauté”. Les chansons durent trois minutes, ça fait une minute pour fumer une clope.
Eiffel :
“Tandori”.
Caméléons :
“Seguine”.
DJ La Teuf :
Il ne faut pas écouter de musique, ce n’est pas nécessaire, c’est comme quand tu lis.
Madsheerkhan :
“Believe” car elle parle de l’investissement dans l’autre.
NH24 :
Cela dépend comment on fait l’amour mais pourquoi pas “Pornstar” où nous parlons d’ailleurs de Clara Morgane.
Rachid Wallas :
“Parano”. Ou alors un medley pour qu’il y ait des changements de rythme.
Eddy la Gooyatsh :
Je n’ai pas fait l’amour depuis la séparation des Beatles.

NbN : Quelle est votre note de musique préférée ?
Fils de Teuhpu :
Le ré mineur.
Lady brings bad news :
Ré. On est accordés en ré.
Nagas :
Le mi 7ème. Le la lidier aussi.
Mell :
Le ré mineur. Je le joue beaucoup à la guitare. On retrouve souvent cette note dans les chansons qui marchent.
Têtard :
Le mi mineur 7ème, tristounet, mais aussi le sol ces derniers temps. Sinon, nous avons fait une chanson “L’île de ré”, en ré.
Eiffel :
Fa bémol parce qu’elle vaut mi.
Caméléons :
Le mi. Beaucoup de nos chansons commencent par “mi”.
DJ La Teuf :
Le fa dièse car il est près du sol.
Madsheerkhan :
Les notes, c’est un jeu de beauté. Une note seule ne fait rien.
NH24 :
Le mi. On peut tout faire en mi. Du trash comme du plus calme. C’est passe partout.
Rachid Wallas :
Le do dièse.
Eddy la Gooyatsh :
J’ai des affinités avec le sol. C’est une tonalité de guitariste.

NbN : Questions Keno… Le succès, ça fait gagner combien de temps avec les filles ?
Fils de Teuhpu :
Cela dépend du QI et du temps qu’on parle. On peut gagner du temps ou en perdre.
Lady brings bad news :
Une semaine et un resto. Mais on n’est pas encore assez dans les tabloïds. On ne fait pas ça pour les filles.
Nagas :
Une paire d’années. Faire de la musique aide beaucoup. Tu es plus exposé, plus avenant. On est des rebelles, des bad boys. Les filles aiment les musiciens, les mecs tatoués et les dentistes. Si tu es les trois, c’est gagné.
Mell :
Cela peut faire perdre du temps si la personne n’aime pas !
Têtard :
On a trente piges, c’est fini ! Mais quand tu es scout, avec Rock Voisine, tu peux emballer sévère. “Starway to heaven” est aussi bien pour l’initiation amoureuse.
Eiffel (Romain) :
Je passais déjà beaucoup de temps, avant, à draguer ma femme.
Caméléons :
Pas mal. 95% d’efficacité en plus. Quand tu rencontre une fille, elle sait aussi trois fois plus vite que tu ne seras pas là le lendemain.
DJ La Teuf :
Trois mois et deux minutes.
Madsheerkhan :
Il faut prendre son temps.
NH24 :
Ta question est un peu nulle. On ne fait pas de la musique pour ça. C’est avant tout une passion. Cela n’a rien à voir avec les filles.
Rachid Wallas :
Cela peut en faire perdre ! Et on n’a pas tant de succès que ça !
Eddy la Gooyatsh :
Je suis déjà marié et pas si connu que ça. Disons qu’après les concerts, je ne rencontre pas toujours les gens qui y ont assisté. Et généralement, ceux qui restent le font pour vous dire que ce que vous faites est bien, pas que votre musique est pourrie. Par rapport à avant, je n’ai dons pas senti une grande différence.

NbN : Vous avez mis combien de temps à venir ?
Fils de Teuhpu :
4h
Lady brings bad news :
30 minutes
Nagas :
60 minutes
Mell :
37 minutes
Têtard :
5 heures
Eiffel :
8 heures
Caméléons :
8 heures
DJ La Teuf :
6 heures
Madsheerkhan :
4 heures
NH24 :
Deux heures car on s’est perdus
Rachid Wallas :
20 minutes
Eddy la Gooyatsh :
1 minute

NbN : Vous pensez qu’on a pris combien de temps de retard ?
Fils de Teuhpu :
5 minutes
Lady brings bad news :
50 minutes
Nagas :
15 minutes
Mell :
12 minutes
Têtard :
60 minutes
Eiffel :
30 minutes
Caméléons :
45 minutes
DJ La Teuf :
15 minutes
Madsheerkhan :
Une heure
NH24 :
24 minutes
Rachid Wallas :
On a pris de l’avance ! Donc – 5
Eddy la Gooyatsh :
2 minutes

NbN : Vous avez donné votre numéro de téléphone combien de fois ce soir ?
Fils de Teuhpu :
Aucune
Lady brings bad news :
On va dire un pour pouvoir jouer le chiffre au Keno.
Nagas :
Une fois (à Magali).
Mell :
Zéro… Ah non une fois ! En plus c’est vrai !
Têtard :
0, même si on ne peut pas jouer ce chiffre au Kéno.
Eiffel (Damien) :
Je te file le miens et ça fait un.
Caméléons :
Une fois ou deux.
DJ La Teuf :
Une, parce que c’est près du zéro.
Madsheerkhan :
Je vais te donner le miens : 06 …
NH24 :
Plus de trois fois…
Rachid Wallas :
Une fois
Eddy la Gooyatsh :
On va miser sur 3.

NbN : Un petit mot aux internautes de Nancybynight.com ?
Fils de Teuhpu :
Vive les gares désaffectées. Pour ceux qui votent Sarko : quand ils crèveront la gueule ouverte, on leur tendra même pas la main.
Lady brings bad news :
Allez nous écouter sur Mysace et ne changez pas, vous êtes les meilleurs (rires) !
Nagas :
Allez voir les artistes en live. Les meusiens ne sont pas tous des tocards.
Mell :
Il n’y a pas de mot de la fin !
Têtard :
On a encore envie de parler.
Eiffel :
On vous embrasse sur les fesses pour le jour de l’an !
Caméléons :
Allez l’ASNL !
DJ La Teuf :
Salut !
Madsheerkhan :
Cela fait deux fois qu’on vient au JDM et jamais deux sans trois.
NH24 :
Michel, c’est le boss de la soirée. Michel du JDM, pas Michel Blanc.
Rachid Wallas :
Nous avons fait une chanson qui s’appelait “Nancy by l’encre”.
Eddy la Gooyatsh :
Amour, gloire et eau fraîche !

Propos recueillis par Alexandra Giroux