L’île des esclaves – Marivaux – Théâtre de la Manufacture – Du 3 au 13 novembre 2005
Qui a dit que Marivaux sentait la poussière ? Eric Miassé nous prouve le contraire en mettant en scène L’île des esclaves. Des naufragés arrivent dans un lieu étrange où prévaut une bien étrange règle. Les maîtres deviennent esclaves et les esclaves deviennent maîtres. Ceux qui autrefois étaient en bas de l’échelle sociale découvrent alors la domination, le mépris et les minauderies. Au-delà d’une réflexion sur le pouvoir, la pièce propose également de s’interroger sur la question de la surveillance. Que ce soit dans la rue ou dans un jeu de télé réalité, les caméras sont partout. Ici, de la même manière, impossible d’échapper au regard du spectateur même en tenant de se réfugier dans l’ombre ou dans les niches de plexiglas. Cette pièce sociale était pour ceux qui s’en souviennent au centre du film l’Esquive d’Abdellatif Kechiche. La triste remarque de la professeur de français était que l’on a beau mettre un habit de prince, notre milieu social d’origine nous colle à la peau. C’est ce que Bourdieu appelle l’habitus. Dans leurs attitudes, leur façon de penser, les anciens esclaves se trahissent… Pour prolonger la réflexion sur la pièce, Yannick Hoffert, enseignant à l’université Nancy 2 propose un café théâtre le jeudi 1er décembre à 21H en présence de Jacques Osinski et Eric Massé.