Concert de Clarika – l’Azimut – 16/03/05
Clarika a couché et Clarika a réussi. Dès le début du concert, elle nous prévient : on va en avoir pour notre argent. Elle ne nous a pas menti : du rire, des larmes, des micro avec des fils et des musiciens avec ou sans cheveux. Sûr qu’elle aurait bien aimé être à notre place. En plus, elle était en forme, bien dans sa peau et tout : le matin, elle s’était shampouiné la tête avec une lotion au miel et au germe de blé qui rend ses cheveux brillants sans les alourdir.
Elle est tellement en accord avec elle-même intellectuellement qu’elle récite un texte d’Epicure puis sort son carnet de notes « Pensées de Lorie » : La positive attitude / La positive attitude / La positive attitude / La rage au ventre / Je suis prête à tout surmonter / Maintenant, je n’veux plus jamais renoncer à / La positive attitude / La positive attitude. » C’est beau.
Mais pas autant que ses chansons, réécrites parfois pour les transformer en medleys. « Moi j’fredonnais un truc du genre… San Francisco » devient « un truc du genre … Antisocial ». Clarika se lance dans une reprise déchaînée de Trust. « Free from desire » de Gala et « Une femme avec toi » de Nicole Croisille deviennent même branchés dans la bouche de la chanteuse !
Mais cette légèreté ne l’empêche pas d’être aussi engagée. La chanson « Marco » raconte l’histoire réelle d’un étudiant parti en Colombie qui n’est jamais revenu. Elle incite le public à diffuser le plus possible le mp3, libre de droit. Ca sert aussi à ça Internet.
Quand Clarika interprète « Ne me demande pas », elle bute sur « Je ferais tout pour toi, m’acheter l’intégrale de Sardou… ». En effet, il y a quelques moi, le pauvre chanteur a eu un gros problème de santé et a été emmené à l’hôpital américain de Neuilly. Ca l’aurait foutue mal s’il avait claqué juste au moment où elle sortait le disque. Heureusement, Sardou va mieux et il vous embrasse tous. Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas. Clarika est sérieuse. Elle s’intéresse au CAC 40. Mais elle sait aussi rigoler. Elle et ses chanteurs écrivent, « Luc » avec leur bras à la fin de la chanson sur cet ami que l’on rêve tous d’avoir.
Durant le concert, la chanteuse joue beaucoup avec son regard et fixe parfois des gens du public. Elle doit savoir l’effet que ça fait : elle-même est allée voir Raphaël il y a peu de temps et même qu’il est trop beau et qu’il ne regardait qu’elle.
En fin de soirée, on est tellement bien qu’on resterait toute la vie à se faire des bisous et tout. L’éclairagiste fait apparaître des étoiles et le musicien Da Silva le cobra (son nom de scout) allume un feu de bois sur scène. Clarika est prête à nous jouer un morceau où elle s’accompagne à la guitare. La technique Carla Bruni pour vendre deux millions d’albums ?
Le concert arrive à sa fin, la robe de Clarika est transparente et le groupe est à cours d’idée pour les rappels. Il faut comprendre les musiciens, ce sont des débutants. La chanteuse les a rencontrés dans la rue. Ils étaient déguisés en péruviens et vendaient des cassettes audio (en plus ça ne se fait plus trop). Elle a été sympa, elle les a embauchés en CPE et voilà le travail. Tout doit quand même plutôt bien se passer vu les regards complices qu’ils se lancent et les mines orgasmiques qu’ils ont sur certains morceaux. Ce concert était vraiment chouette et je crois ne pas avoir été la seule à être grimpée au rideau.