Posted by Alexandra Giroux

Effroi et stupeur sur la croisette

Date de sortie : 24 Août 2005
Réalisé par Arnaud Larrieu, Jean-Marie Larrieu
Avec Sabine Azéma, Daniel Auteuil, Amira Casar, Sergi Lopez
Film français.
Durée : 1h 38min. Année de production : 2004

Un météorologue à la retraite et sa femme, passionnée de peinture, s’installent dans une nouvelle maison. Ils découvrent des voisins surprenants qui vont les initier à des plaisirs charnels inconnus…
Effroi et stupeur sur la croisette ! Peindre ou faire l’amour… un titre super provocateur quand même. Et que d’audace ! Les frères Larrieu, habitués des Pyrénées, tentent le pari fou de tourner leur dernier long métrage dans les Alpes. Oh… Fichtre… quel casting ! Sabine Azéma, Daniel Auteuil, Amira Casar, Sergi Lopez… Quel culot de prendre des acteurs si connus qui devront s’adapter à l’univers des réalisateurs ! Sabine, non contente de chantonner dans Pas sur la bouche ! d’Alain Resnais « prendre un amant, c’est excitant » monte ainsi d’un cran dans le libertinage, grâce à ce film. J’ai récemment lu dans Cosmopolitan que les femmes ont la meilleur maîtrise de leur plaisir à la quarantaine : l’actrice semble nous en faire la démonstration. Le titre, vaguement racoleur, annoncerait la couleur : vous voulez du sexe, vous allez en avoir (trop bien). Là où l’on peut être déçu, c’est justement par le côté ultra calculé du « ça copule chez les bourgeois ». Un peu comme dans les émissions de Julien Courbet : on nous dit qu’il va y avoir du chaud bouillant, on attend la fin de l’émission, puisque l’on sait que c’est à ce moment qu’on y aura droit et puis on se dit « tout ça pour ça ? ». Catherine de Donatie nous éclairerait peut être plus sur la finalité du sexe au cinéma (s’il y en a une), parce que là je ne vois pas… Du sexe pour du sexe ? Il apparaît facile de jouer la carte des mœurs libérés puisque même Patrick Sébastien déclare fréquenter régulièrement des lieux où l’on conjugue l’amour au pluriel. Les couple Madeleine – William et Adam – Eva s’adonnent donc au plaisir du « prête moi ta moitié ». (Oui, vous avez bien lu, « Adam et Eva », il fallait oser, les Larrieu l’ont fait.) Voilà, la partie « faire l’amour », c’est fait. Désolée je n’ai pas plus croustillant. J’aurais pu vous décrire la scène de la toilette intime, mais non. (A propos, ça existe encore les bidets ?)
Maintenant, passons à la partie « peindre ». C’est probablement la plus intéressante. Mon ancienne prof de français me disait qu’il faut garder le meilleur pour la fin. Vous savez donc que l’intérêt de ce long métrage ne réside ni dans le galbe de la poitrine d’Amira Cassar (quoi que, un brin) ni dans la sensualité de Philippe Katerine (mais bon un peu quand même). Tout au long de film, aucune oeuvre picturale n’est montrée. Les deux réalisateurs jouent sur notre regard mais plutôt en nous transportant du côté d’Adam, qui est aveugle. Une séquence entière se déroule même entièrement dans le noir. Ainsi, nous devons développer notre sens de l’ouïe : à nous d’essayer de nous repérer à l’aide du bruit d’un ruisseau, des feuilles qui craquent sous nos pieds, d’une voix… Nos oreilles sont aussi comblées grâce à la bande originale de Philippe Katerine (and co). Ce point est à souligner car si l’achat du DVD ne sera probablement pas nécessaire, il n’en est pas de même concernant le CD. Par la même occasion, ce sera l’occasion de redécouvrir Brel, Ferré et Saint-Saëns. Sortir d’une salle ce cinéma et se dire que l’on a bien aimé la musique, c’est triste mais c’est mieux que rien.

Posted by Alexandra Giroux

On est amoureux qu’à bicyclette

Le 27 octobre 2005 à 18h débutait Place Thiers la fameuse Vélorution nancéenne. Les cyclistes ayant garé leurs vélos dans Nancy cette semaine ont pour beaucoup d’entre eux trouvé, laissé sur le deux roues, un papier les invitant à rejoindre la « maboulissimo party ».

La communication a plutôt bien fonctionnée puisque la place de la gare était remplie de gens de tous âges, à vélo ou à bicyclette (reportez vous au texte de Philippe Delerm pour saisir la subtile nuance). Chaque deux roues avait son style propre et on se serait presque cru à un salon du tunning tant certains avaient de l’imagination. Les t-shirts, pancartes et drapeaux étaient aussi de la partie : « attention fragile », « croissance = pollution, décroissance = solution » ou encore « oui au litre d’essence à 10 € », le message était clair, il était pro vélo.

Différents groupes soutenaient la manifestation : Mirabel (Lorraine nature environnement), Eden (Entente pour la Défense de l’Environnement nancéien) et Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie). Les associations écologistes ont tout à fait leur place dans ce type de manifestation puisqu’un vélo émet 0 grammes de C02 par voyageur et par kilomètre, à l’inverse de la voiture où le nombre s’élève à 111,7 grammes !

Mais pratiquer le vélo au quotidien a encore d’autres avantages. Sur les cinq premiers kilomètres il est plus efficace et consomme quatre fois moins d’espace que la voiture, il ne fait pas de bruit, il sollicite l’appareil cardio vasculaire et permet de rejoindre le cercle très privé de ceux qui peuvent chantonner Yves Montand.

Les associations, au-delà du discours militant conseillaient aussi les gens qui voulaient s’initier à cette discipline : un casque réduit de 85 % le risque de traumatisme crânien en cas d’accident, un chasuble fluo ou un brassard s’avèrent très utiles pour être vus, il ne faut pas se faire remorquer par un autre véhicule (article R.431-8), ne pas rouler trop près de l’accotement permet d’éviter ornières ou gravillons, être prudent aux portières qui s’ouvrent est nécessaire, il ne faut pas transporter de passager sauf sur un siège fixé au vélo, être prudent lors du passage d’un camion, ne pas zigzaguer entre les voitures et enfin ne pas rouler sur le trottoir.

Après des discussions, échanges de tracts et annonce de la « merguez party », le cortège peut enfin commencer sa mini randonnée nancéenne. Laure, une étudiante à pieds regrette de ne pas pouvoir suivre le groupe : « Je ne sais pas où louer un vélo, il n’y a pas assez d’informations à ce sujet ». Que la jeune fille se rassure, avec un article dans la presse locale et la télévision qui a couvert l’événement, on peut espérer qu’à l’avenir la communication se fera mieux et que les vélos auront plus leur place dans l’espace urbain. Pour la prochaine vélorution, elle peut louer un vélo chez Cyclotop, à la gare, 4 boulevard du 26ème régiment ou 43 bis rue Blandan. De plus, les étudiants ont droit à des tarifs préférentiels.

Posted by Alexandra Giroux

Le corps suffit-il à définir notre identité ?

Dans son ouvrage Le corps analyseur, publié en 2001, Jean-Marie Brohm soulevait la question suivante : le corps suffit-il pour définir mon identité ? En effet que reste-t-il de « moi » après les différentes mutations que permet la science actuelle ? Qui suis-je au fond ? Pourquoi les gens investissent-ils leur corps comme un facteur identitaire ? Comment expliquer que nous ayons une identité sociale avant d’avoir des critères de distinction corporels ? Et au fond, qu’est ce que l’identité ? Est il question d’identité numérique ou d’identité personnelle ? Nous tenterons de répondre à ces questions en se positionnant tout d’abord dans le camp des hyper matérialistes qui considèrent que nous sommes la matière qui nous compose. Puis, nous approfondirons notre réflexion pour nous rendre compte que l’identité personnelle serait en fait supérieure à l’identité numérique. Au-delà d’un corps, nous serions d’abord définit par l’esprit, la substance.

Etymologiquement, l’individu est celui qui ne peut être divisé. Matériellement, nous sommes avant tout un corps, nous avons une identité numérique. Le corps se suffirait à lui-même, il serait « utilisé » pour « exister ». Mais un problème se pose avec les progrès de la science et « un nouvel art de vivre dans son corps » tend à apparaître. En effet que reste-t-il de nous après que ce soit exercé l’emprise des « thanatocrates et du pouvoir médical » par les divers appareillages et organes substitués ou simulés ? L’eidos, l’idée de la forme, est entamé. Cette question de la métamorphose, voire de la mutation, est liée au progrès. Le soi corporel est défini, reçu, déterminé. Dans une certaine mesure, le naturel définit les caractéristiques physiques. Mais qu’en est-il actuellement alors que le corps est « soumis à l’emprise de l’intervention technologique radicale qui transgresse des barrières biologiques que l’on croyait immuables » ? D’un corps naturel, on passe à un corps culturel. Certains modifient l’usage, d’autre le soi. Il existe encore une pratique plus extrême qui consiste à la mutation, au changement du schéma corporel. Aujourd’hui « tout se remplace et tend a être remplacé ». Que ce soit pour des raisons esthétiques ou médicales, le sujet veut incarner son corps, le ressentir, en traduisant l’émotion dans la sensation, en créant une enveloppe qui serait proche de l’être. Lorsque le physique ne suit plus et que l’on se sent encore « jeune dans sa tête », la solution consiste à avoir recours au médical. Les greffes donnent une nouvelle jeunesse aux individus. L’auto eugénisme définit le droit des individus à disposer de leur propre corps. Mais ne surestime-t-on pas le corps ? Et a-t-on le « droit » de s’instrumentaliser indéfiniment ? N’y a-t-il pas de risques ?
Toutes ces modifications ne sont pas « naturelles ». Cela signifie-t-il pour autant qu’elles sont mauvaises ? Doit on accepter que le corps soit modifié pour qu’il corresponde à notre identité, qui par la même n’est peut être qu’une fiction ? Nous nous fabriquons une identité numérique au nom de sa pertinence sociale. Il s’agit d’une narcissisation indéfinie du corps, d’une recherche d’une nouvelle image plus adéquate, plus jeune, en meilleure santé. Cette fabrique identitaire permet l’inclusion, la communication avec les autres. La modificabilité existentielle témoigne d’une preuve d’engagement : on indique que l’on a le désir et les moyens de se fabriquer une identité. L’identité crée est provisoire, précaire, mobile. Selon Jürgen Habermas, la nature ne doit pas être instrumentalisée. L’identité n’est plus substantielle, elle ne forme plus un tout. Elle est somme de parties décomposables. On est dans les modifications identitaires. Le corps n’est pas tout dans l’identité mais il joue un rôle très important dans ce que nous sommes. L’artiste Orlan modifie au fil du temps son organisme par des implant : elle reste la même mais est tout de même « autre » puisqu’elle nie le naturel. La mutologie de l’identité estime que le changement du corps modifie aussi l’identité de la conscience. En changeant la qualité matérielle du corps, l’altération de la mémoire s’effectue par l’incorporation de nouvelles sensations corporelles. Stéphane Ferret va même jusqu’à imaginer que la transplantation du cerveau soit possible. Selon lui, cela ne serait envisageable que si l’identité fonctionnelle du cerveau se conservait de la personne un à la personne deux. Qui sommes nous alors ? Certes, une enveloppe de chair, mais n’y a-t-il rien de plus important ? Les siamois partagent le même corps mais s’ils ont deux cerveaux, il est bien question de deux individus. Ne faut-il pas sortir de cette vision trop simpliste des choses qui consisterait à nous réduire à la matière ?

L’identité ne se définit-elle pas plus par le qualitatif que par le quantitatif ? Au-delà de l’identité numérique, n’y a-t-il pas quelque chose de plus important : l’identité personnelle ? Dans l’Identité, Stéphane Ferret relate l’histoire de la barque de Thésée. Que dire de ce bateau perpétuellement réparé dont les sophistes d’Athènes se demandaient, au fur et à mesure que les pièces en étaient modifiées ou remplacées, s’il s’agissait encore du même bateau ? De la même manière, on peut se demander si après une mutation, un individu est toujours le même. Descartes expliquait déjà à son époque que « nous ne pensons pas que celui qui a un bras ou une jambe coupée soit moins homme qu’un autre ». Si la mutation corporelle n’est pas compatible avec l’identité substantielle, comment pourrions nous qualifier le sentiment d’un soi après la mutation ? Cette dernière conserve une identité entre corps d’origine et corps muté, faute de quoi aucune prise de conscience d’un changement n’est possible. Notre identité ne se résume pas à des empreintes digitales ou à un passeport dentaire. Certes, ces éléments ajoutés les uns aux autres font que je suis moi mais il convient de ne pas oublier que je suis d’abord moi qualitativement. Le soi est la synthèse de notre histoire. Il n’est pas défini, encore moins définitif. La liberté corporelle consiste à vouloir être propriétaire de son corps alors que nous n’en sommes que locataires. Le temps s’écoulant, on passe de l’état de bébé à l’état de vieillard. Il s’agit bien de la même personne, même si les deux corps sont différents. Nous restons les mêmes mais nous sommes sans cesse modifiés par le développement de la vie en nous. La mobilité modifie les coordonnées matérielles de la conscience corporelle sans que nous puissions numériquement comparer ces deux états différents. Après une greffe du cœur ou un remplacement du cristallin, les parties du corps mutant se recomposent dans la matière. La mutation corporelle est une décomposition formelle et une recomposition matérielle qui fournit une nouvelle conscience de soi. Tout ne passe pas par le corps. C’est la société et la toute puissance de l’image qui nous le fait croire. Ce n’est pas parce que l’on renonce au corps en tant que nature, avec l’utérus artificiel ou les os en plastique que pour autant on en perd son identité. Selon Francis Fukuyama, qui est post-humaniste, le but de la nature est de se libérer de celle-ci. Par la science, les individus se créent. S’agit il de la fin de l’homme ? Pas de la fin de l’identité à proprement parler en tout cas. Le mutant indique un corps d’identité par lequel le sujet ne maîtrise pas seulement son existence mais sa matière d’être. La pratique des mutations corporelles produit une identité indéfinie. Le corps muté vient compléter les manques identificatoires en fournissant une signification corporelle aux organes substitués ou réparés. Ainsi, la mutation n’est pas étrangère au sujet. Il espère y réaliser ce qu’il n’est pas, voire ce qu’il était impossible d’être pour lui.
Mais si après une mutation corporelle, j’ai encore la même identité, je peux alors me demander, au fond, qui je suis. Dans notre société anionique où les gens ne se rencontrent plus, il serait quasiment possible de se débarrasser de son corps. On pourrait se décorporer totalement et rester soi. Le corps virtuel serait alors plus important que le corps réel. Jean-Marie Brohm explique bien qu’un « nouvel art de vivre dans son corps » est en train d’émerger. Nous découvrons, créons un nouveau rapport au corps. La mutation corporelle maintient l’être du corps comme une substance que l’on ne peut altérer sans en changer la nature. Il faut un renversement de perspective pour penser la mutation corporelle comme un mode de définition de l’être corporel. Une nouvelle identité corporelle utilise aujourd’hui la biologie comme une technologie de soi-même. On ne sait pas très bien qui l’on est. On a l’impression que corps et esprit sont scindés, qu’ils ne se ressemblent pas toujours. Le paradoxe de l’émotion perçue se trouve dans l’impossibilité d’incarner par l’esprit le vécu corporel intime, le sentiment du corps impropre et l’image de son corps. L’auteur s’interroge également sur ce qu’est le moi. « Mon moi ne serait-il qu’une illusion, une fiction, une bande de Möbius, surface étrangement délimitée et ouverte à la fois ? ». Le clone a beau avoir la même identité génétique que le cloné, il est pour autant une personne différente. L’identité, au-delà d’être biologique, est sociale. On peut penser aux lesbiennes, aux queers, à ceux qui revendiquent l’appartenance à un genre, ou pas. Il y a un manque constitutif de l’identité corporelle contemporaine. Le sujet n’est plus garantit d’une permanence de sa substance. John Locke expliquait dès le dix-huitième siècle que l’identité personnelle n’est pas fondée sur une identité de substance mais sur une identité de conscience. L’organisation biologique est rattachée à l’identité de conscience. Si bien que le changement continuel du corps ne peut plus provoquer la disparition du soi-même comme dans l’identité de substance où la conscience était réservée au seul esprit. Si je suis moi, c’est avant tout parce que « je pense donc je suis ». Et pour les bouddhistes, qui croient en la réincarnation, vivre une seconde vie signifie que l’âme habitera un autre corps, pas l’inverse. Ce qui définit notre identité, c’est avant tout cette impalpable chose que l’on peut appeler âme.

Ainsi, au-delà d’être une simple agrégation d’atomes, nous sommes avant tout un esprit. C’est notre conscience d’être qui fait que nous sommes une personne avec une identité propre. Avec le progrès de la science, la notion de qui je suis est entièrement à redéfinir. Le corps a beau subir des opérations, des mutations, nous restons pour autant la même personne. Notre identité n’est pas pour autant stable. Et affirmer que le corps ne suffit pas pour définir mon identité n’apporte pas de réponse à une question bien plus complexe : comment expliquer l’émergence de l’esprit par rapport à la matière ?

Posted by Alexandra Giroux

Guide à l’usage de la jeune fille bien élevée

T’avales ou t’avales pas ?

Les noyaux des cerises et des olives
Votre mère vous a menti, vous ne risquez pas de voir un arbre pousser dans votre ventre. En réalité vous risquez bien pire. Reportez vous au livre des bonnes manières de la baronne de Rothschild (elle en sort un tous les ans) et vous comprendrez que c’est le meilleur moyen pour flinguer votre vie sociale. Apprenez à vous servir d’une petite cuiller et déposez les noyaux au bord de votre assiette.

Des fruits pourris et des litres de thé corsé
Syndrome typique de la post-ado rebelle qui se prend pour Amélie Nothomb la potomane. Ressortez votre collection de Ok Podium, vous verrez qu’il y a d’autres moyens de s’affirmer. L’important, c’est « d’être bien dans ses baskets », surtout « être soi même » et « si on était tous pareils, ce serait triste ».

« Ta mère est une voleuse, elle a pris les plus belles étoiles du ciel pour en faire tes yeux. »
N’avalez pas ça. Si un garçon récite cette phrase, il y a de fortes chances qu’il veuille jouer au papa et à la maman avec vous. Prudence, veillez à ne pas choisir comme géniteur un garçon en manque d’inspiration qui a composé le « 8 22 22 » pour recevoir un poème love.

Les trognons de pommes
On conviendra que ce n’est pas très classe mais selon Jannie Longo, c’est la seule solution pour trouver les substances nécessaires à l’assimilation des vitamines du fruit. A la poubelle couteaux et économes, rien ne se perd.

Une caméra
Il ne s’agit pas d’une nouvelle performance de Catherine de Donatie. La radio caméra est utilisée comme alternative à l’endoscopie. Pratique, petite (deux centimètres et demi sur un), il suffit de l’avaler et ça tourne.

Votre chewing-gum
Préférez l’alternative du clou de girofle et laissez aux autres les nouveaux Eclipse®, même s’ils ont été élus produits de l’année. Retournez aux produits naturels grâce à cette plante antiseptique – dont se sert même par votre dentiste – et retrouvez une haleine fraîche.

Du liquide séminal
Si vous postulez pour Le Bachelor ou Montre-moi ton long couteau, le prochain Marc Dorcel, n’hésitez pas une seconde et réclamez du rab. Si en revanche, c’est Jean-Loulou, le mec sympa de la boîte qui vous fait cette proposition, tenez lui un discours raisonné. Certes, c’est plein de protéines mais vous n’avez pas forcément faim.

Du verre pillé
Pas très original, Sylvain Mirouf l’a fait avant vous. Mieux, Michel Lotito a cette habitude depuis 1986,  et sans trucage. Il a même réussi à avaler une bicyclette et un avion, ce qui lui vaut de figurer dans le Livre des Records.
>> VHSzine n°13 – Avalez !

Posted by Alexandra Giroux

Synopsis sélectionné par Bagoo en 2005 pour le concours du Festival de Cannes

Un homme, la trentaine passée, erre dans les rues de Paris pendant la canicule. Il s’assoit à la terrasse d’un café ombragé, la table en face de celle d’une jeune fille. Le serveur arrive, il commande un verre de limonade. Il fixe la jeune fille. Elle tourne la tête et leurs regards se croisent une fraction de seconde. L’homme sort un papier et griffonne quelque chose. Il lui montre son papier, où il est écrit « Si c’est vous qui avez joué dans le dernier Ozon, souriez ». Elle fronce les sourcils et ne peut empêcher un sourire. L’homme se lève et vient s’asseoir à côté d’elle. Il dit : « De toute manière, dans les films ça commence toujours comme ça. Les femmes font comme si elles n’étaient pas intéressées ». Elle rougit légèrement. Il ajoute « Qu’est ce que vous aimeriez bien, là, tout de suite ? ». D’un ton exaspéré, elle répond « j’ai chaud ». Il crie « Eh toi, là haut, vas-y, tu peux allumer ! ». Il se met à pleuvoir. « Il suffit de s’entourer de bons techniciens » ajoute-t-il. Elle le regarde, surprise. L’homme crie « On lance le play back ! ». La musique de Singing in the rain débute. Il se met à danser. Il improvise une chorégraphie et chante sur la voix de Gene Kelly. Elle sourit. Les deux protagonistes sont trempés. La musique s’arrête mais pas la pluie. Il lui prend la main et l’entraîne dans la rue. « Venez ! » dit il. Il l’emmène dans une rue pleine de boutiques. Ils entrent dans l’une d’entre elles où il est marqué « Les parapluies de Cherbourg ». « Un parapluie, un parapluie noir » chantonne l’homme à la vendeuse sur l’air composé par Michel Legrand dans le film de Jacques Demy. Le couple sort dehors, ils marchent sous les cordes, protégés par le parapluie, et longent les bords d’un canal. « J’aimerais savoir où vous m’emmenez comme ça » s’énerve la jeune fille. « Oh, je l’avoue, ça ne semble pas cohérent mais on s’arrangera au montage… On mettra un carton qui explique pourquoi j’agis comme ça. On trouvera bien un motif ». La pluie tombe moins fort. « En général je ne kidnappe pas les jeunes femmes. J’ai plutôt l’habitude, si elles me plaisent, de leur demander de me citer deux films où joue Fred Astaire. Si elles ne le savent pas, je m’en vais » dit il. « Moi je préfère les comédies musicales des années cinquante, désolée… » répond-elle. « Je crois savoir ce qui vous gêne » confesse-t-il. « Détendez-vous. » Il crie « éclairagiste ! ». La nuit tombe. « Truqueur ! » continue-t-il. La pluie s’arrête, un léger vent se lève. « Lancez la musique ! » Un air d’Angello Badalamenti débute. « C’est mieux comme ça je crois » conclue-t-il. « Vous savez danser la valse ? » dit-il. « Pas très bien » confie-t-elle. « Quelques effets spéciaux, une doublure et des plans bien choisis… on n’y verra que du feu » explique-t-il. Ils dansent. La musique s’arrête. « Je dois partir » dit la femme. « A minuit, je me transforme en citrouille ». Ils s’assoient sur un muret. « Vous faites de votre vie un film. Tout est cinématographique. » dit-elle.  « Selon Samuel Fuller, la finalité du cinéma est l’émotion. Dans ce cas, votre vie doit être très riche. » « Maintenant il faut se quitter » dit-il. Silence. « Dans les films des années trente, je parie que nous serions repartis bras dessus bras dessous. Mais ça m’étonnerait que l’on soit dans ce genre de longs métrages. Vu la profondeur de votre décolleté, le code Hays n’aurait probablement pas autorisé cela » chuchote-t-il en souriant. Elle ouvre grand les yeux et remonte son débardeur. « Dans le cinéma actuel c’est plus amusant… Vous savez ce qui se passe souvent ? On fait ce qu’on appelle une fin ouverte… » Elle le fixe. Il la regarde longuement.

Posted by Alexandra Giroux

The Mysterious Beauty of Cotton Candy

When I was young, I used to play “Theme Park”. It was a wonderful game! I used to spend many hours on my computer, just to build an amusement park! And that’s fantastic because every April, my dream came true thanks to the fun fair and to its numerous arenas. What a pleasure to walk among the roaring machines on Friday evenings with Jesus! The smells of fat embalmed us, while we tried to steal. Such colours! Such lights! It is difficult not to get lost…
We arrive in front of the roller coasters. Cars rise, under the added sound effects. The people in the air are really taken for idiots… At the top, someone shouts to them: “be careful, you’re going to come down!” OK, it is only an arena for children… But the decoration may confuse you… Why do these women dressed in metal show their bosoms? When perversity is not for the meeting, sadism is! “Drive youth!” Go, kill yourselves! They are nice bumping-cars, which allows us to get wild.
We do not get on carousels or anything at the moment, but it is very funny to watch people winning… or losing. Prizes are interesting… These watches, for example… It is impossible to win them. Why? We can see that they are old, their hands do not move any more! They might have been there for several years. But the funniest is really this game where we pull a thread to win a teddy bear. The small bears are hidden behind a big one! And only the big one is attached! We can always hope to win an enormous “doudou!” The stand assures us that “it is forbidden to lose.” We indeed want to believe it but if it is to win a ridiculous teddy bear…
The fair is better than the zoo. We see the gorilla of the ghost train. What an enjoyment when he waves at us! There are also these goldfish which we can win… At least one thousand piled up in an aquarium… What has Greenpeace done for them? Do you want to win them? It is quite simple… You take this rifle and you explode balloons. Promised, they are not loaded. And if you burst them all, you win firecrackers to continue to make noise in your house.
The fair pleases brutes and sweeties. Brutes play the very violent games, sweeties win such sweet presents. But we only play when there is a lot of noise. That allows us to forget everyday life. And later, there’s nothing like a small duckling of coca. Strange… celebrating = pleasure, celebrating = coca, so coca = pleasure. Advertisement is as simple as mathematics. Speaking about science, the new technologies allow wonderful things: by putting your hand on a machine, you can know if you are one: superman, a nymphomaniac, sexy, hard, a rabbit, conceited, deceived or a virgin. How have we managed to live without this?
After so much emotion, people often decide to eat ice-cream. But they do not know about their industrial making… Nothing is worth the goodies of the place Stanislas: good, handmade, and according to the manager, even rolled under armpits. But we do not fall into that trap. We go to the big wheel, which reconciles the followers of the good old days and those of modernity. All these lights are so beautiful! Not those of Nancy, those in the sky…